104ème jour : de Santiago à Padrón.
A partir de ce jour j’abandonne le « nous » qui n’était pas de majesté, au profit du « je » puisque mon chemin se poursuit seul, mon compagnon de route ayant retrouvé sa femme à Santiago.
Une forte pensée pour eux deux.
C’est donc à 6 h 30 précise que j’ai quitté Santiago pour jouer jusqu’à Porto d’abord, Lisbonne ensuite, le « saumon » du Camino Portugués. Vous l’avez compris, les pèlerins vont à Santiago tandis que je m’en éloigne. Pour cette raison la probabilité de rencontrer un autre « saumon » ou « saumonne « est epsilon.
C’est bien ainsi.
Pas de surprise, le chemin est égal à lui-même. Du sentier, peu de forêt, un terrain plutôt plat, de petites routes sauf à l’arrivée 2,50 kilomètre de nationale, a priori très prisée par les « bagnoles », ce dimanche.
Du nouveau cependant. J’ai traversé, par de toutes petites routes – presque des ruelles – nombre de petits hameaux animés par les chats méprisant les pèlerins. J’ai été « coursé » par des roquets hargneux que j’ai dû repousser avec véhémence avec mes bâtons.
Si ce n’est la lassitude morale, que je gère fort bien – le 27 août date programmée de mon arrivée n’est pas si lointaine – mon corps n’émet aucun stress, pas plus de manifestations physiques m’incitant à renoncer.
Une inquiétude cependant. Les hébergements sont peu nombreux, chers, voire très chers. Comme en Belgique je dois adapter mes étapes qui peuvent s’étirer. Je ne peux, par ailleurs, réserver au-delà de 3 à 5 nuits, leur montant devant être acquitté par avance. Je suis profondément contrarié par cette situation qui « pollue » le reste du chemin que j’abordais sereinement.
Demain sera un autre jour.
