110ème jour : De Sabaris à À Guardia.

À l’heure de mon réveil programmé (5 h 30) j’étais déjà en route.

À partir de 4 h 30 il est difficile de dormir dans les Albergues. Ce ne sont que bruits de fermeture-éclairs, de portes qui claquent, de rires, de départs qui se veulent furtifs.

Tout compte fait ce n’était plus mal vu le long chemin (36,09 km à ma Garmin) qui m’attendait et mon rendez-vous avec l’océan.

Il m’a fallu patienter une bonne dizaine de kilomètres sur des sentiers ascensionnel à l’escarpement prononcé, aux chaos rocheux. Après une douce descente il s’est révélé, calme.

J’ai beaucoup aimé cette étape même si elle fut la plus longue de mon parcours, la plus physique aussi. Cheminer auprès de l’océan silencieusement. Jouer à cache-cache avec des rideaux de bambou harmonieusement disposés, rire de la coupe « ridicule « imprimé par le vent aux conifères, s’étonner de l’adresse des mouettes gouailleuses pour ne pas se heurter dans leur ballet. Ce n’est pas un petit bonheur, c’est un privilège, celui du pèlerin attentif.

Bien sûr, le contexte du terrain nous a éloigné parfois, pour mieux nous retrouver sur un final époustouflant, fusionnel, pendant trois longs kilomètres environ.

J’ai trouvé mon bel océan bien agité en fin de parcours.

La crainte de ne pas me retrouver peut-être!!

L’étape de demain est étalonnée à 40 kilomètres mais sera réduite aux alentours de 15. En effet, je prends le bateau sur un kilomètre de largeur du fleuve Minho, frontière naturelle qui sépare l’Espagne du Portugal, ma dernière terre d’accueil.

Demain sera un autre jour.

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