116ème jours : De Porto à San Joao da Madeira.
Selon mes calculs il me reste 358 km, 323 pour Outdooractive mon application de navigation. 13 jours, demain matin, avant d’atteindre Lisbonne.
C’est ainsi que je débuterai mes dernières chroniques jusqu’au terme de cette folle aventure.
Comme annoncé précédemment, j’ai pris le métro pour m’extraire de Porto évitant ainsi les zones industrielles dans lesquelles se rendent les usagers somnolents et tristes sursautants à l’arrêt brutal à chaque station. Combiné à une très courte course en taxi j’ai ainsi gagné une bonne dizaine de kilomètres portant mon étape à 23.
On n’est jamais déçu quand on s’attend à un événement.
Des pavés sur les petites routes – anciennes voies romaines – du bitume en longeant les nationales, de la fureur mécanique, de la pollution, notre siècle en somme.
Curieusement, comme chez les handicapés d’un sens, les autres se développent en compensation.
Ainsi, abruti par tout ce tintamarre, chaque village calme traversé, éveille mon sens de l’observation.
Là, c’est une femme d’un certain âge, dans son jardin, qui approche son nez vers une rose avec lenteur et délicatesse pour ne pas froisser ses pétales. Elles sont belles toutes deux.
Plus loin, c’est une autre femme qui aborde un calvaire, en nettoie le couronnement, se recueille longuement.
Elle sera suivie par une autre tout aussi empreinte de religiosité.
Puis encore plus loin, des vieillards assis, la main entre le menton et la canne bavardent bruyamment. Les jeunes enfants se chamaillent sur un ton plus aiguë.
Enfin, ce sont les cloches, maîtresses des lieux qui donneront un vrai sens au village
Et ainsi s’écoulent les jours.
Demain en sera justement un autre.
