123ème jours : De Ansião à Caxarias.
Mes calculs : 159 km – Outdooractive : 166 km et 6 jours avant d’atteindre Lisbonne.
5 h 30 ma Garmin a vibré à mon poignet pour me « commander » de me lever, de faire une toilette de chat, de positionner mon sac sur le dos et de sortir ma lampe frontale, le lever du jour, lui, ne se commande pas.
Quelques hectomètres au-delà de 30 kilomètres et mon étape est achevée vers 13 h 30.
Elle ne fut pas désagréable. Du chemin, du sentier, un peu de forêt ouverte, de la petite route. Pas un « pékin pèlerin » croisé ou rattrapé.
Dans un bistrot, je rencontre une dame qui s’exprime en français. Elle a travaillé 50 ans en France.
Portugaise, elle alterne ses villégiatures. Elle m’apprend que ses voisins, portugais aussi, absents pour la journée sont de Le Mans. Il y a quelques jours, c’est à une terrasse de café que j’ai échangé avec des gens de Fatines.
Plutôt volubile et communiquant, ces moments avec moi-même deviennent malgré tout précieux.
Horace m’a convaincu qu’il convient de « cueillir le jour », vivre pleinement le temps présent, c’est le seul « vrai » temps qui existe vraiment. Le passé est révolu, le futur est inconnu.
Lutter contre mon mental qui persiste à remuer sans cesse mon passé disparu et mon futur insaisissable, ce long chemin en éveille ma conscience.
Encore quelques pas et j’y parviendrai…., peut-être, plutôt sûrement.
Restons factuel.
Arrivé à mon hébergement, des problèmes avec la serrure à code. Evidemment, quand on est inattentif et que l’on tente une ouverture avec le code de la veille, curieusement ça ne marche pas.
Je peste, je vitupère, je jure, je blasphème, c’est dans mon ADN….
Avec mon tempérament volcanique je « m’embrouille » avec le boulanger d’en face chargé, à la demande, par le gestionnaire (invisible) des lieux de dépanner le client.
Le midi, je déjeune souvent légèrement de provisions acquises la veille ou sur l’itinéraire. Au Portugal, tout au moins sur le camino central, on se loge confortablement et se nourrit « abondamment » à des prix plus que modestes. Ainsi, ce soir c’était restaurant avec « pinard »!
Seul, j’aime beaucoup l’ambiance des restos. Les convives sont gais, les enfants s’impatientent, serveurs et serveuses s’affairent d’une table à l’autre. Des vieux couples qui n’ont plus rien à se dire, si ce n’est « passe moi le sel, le pain », des couples en devenir, très jeunes, qui se tiennent la main échangeant des serments d’amour. C’est un moment de bonheur.
Je rêve d’éternité….
Les deux trois étapes à venir seront d’un kilométrage raisonnable avant le « rush » final.
Demain sera un autre jour.
