128ème jours : De Santarém à Cartaxo.
Mes calculs : 82 km – Outdooractive : 88 km et demain ce sera SANTA MARIA MAIOR, Sé, la Cathédrale de Lisbonne.
Je pourrais fractionner cette étape en deux mais en raison de mon « aéroplane « samedi et la journée pleine que je souhaite m’accorder à Lisbonne j’adopte une autre stratégie.
Je prends un train demain matin de mon lieu de résidence – gare à 4 km – pour me rendre à Vila Franca de Xira. De là, j’irai à pied à la cathédrale – entre 30 et 35 km – selon l’endroit où me déposera le train.
Vous souvenez-vous que j’ai écrit cela le premier jour :
Après une nuit agitée, du pied d’Aachener Dom* nom local de la cathédrale mes premiers pas, résolus, n’auront d’objectif que devenir les derniers au parvis de Sé Patriarcal de Lisbonne.
*Aachener Dom, cathédrale d’Aix-la-Chapelle.
En écrivant cela en étais-je convaincu?
Tout le long de ce chemin je me suis demandé si cette page de mon histoire était écrite ou si chaque pas en étaient le porte-plume.
La réponse est inscrite aux tréfonds de mon âme sans que je puisse décrypter la réponse.
Pour les lecteurs « assidus » de mon blog, s’ils en existent, ils ont remarqué ma persistance à la référence à l’âme, plus qu’au cœur, ce simple muscle bien utile néanmoins.
Le pèlerin n’aborde jamais son chemin sans dissimulé dans son sac un livre papier pour les passéistes, électronique pour ceux qui n’ont aucune peur de l’avenir.
Je suis de ces derniers.
Le mien, c’est Phédon de Platon.
Il met en scène les dernières heures de Socrate, pour lequel le vrai philosophe ne doit pas craindre la mort. En cela, Montaigne pour qui : « Que philosopher, c’est à prendre à mourir » le rejoint.
C’est réconfortant de savoir que l’âme se détache du corps pour prendre une autre destination. Pour les plus pures un monde supérieur, les autres se réincarnent selon leur conduite…. Terrifiant de ne pouvoir se classer!
Ce soir je me suis enivré d’un mauvais vin, aigre, acide, une envie de fêter, de célébrer, d’oublier…. quoi?
Oublier ce qui précède, pour revenir au monde des vivants.
Aujourd’hui c’est l’orage qui m’a surpris, en plaine, sous une pluie battante durant une heure environ. Un instant interminable de peur et d’effroi.
Puis, comme un remerciement de l’avoir craint, la nature m’a offert, à droite des champs de tomates, à gauche des vignes. Plus loin, des figuiers et des ronciers porteurs de mûres.
Je m’en suis gavé.
Demain sera un jour particulier, je ne sais qu’elle sera la teneur de ma page. Ce seront mes émotions qui prolongeront ma main.
