68ème jour: Viendra, viendra pas ?
Fidèle à notre stratégie nous avons décidé de ne faire que la moitié de l’étape (16 km) mais en inversant l’ordre des moyens pour y parvenir. C’est vers 7 h 15 que nous avons quitté Saint-Palais, à pied, pour profiter d’un paysage exceptionnel et des montées tout aussi exceptionnelles, selon les conseils de notre torréfacteur d’hébergeur.
Il ne nous a pas menti le « bougre ». Nous avons découvert au premier sommet une immense sculpture en bois intitulée « le reflet du ciel » puis, en plaine, Gibraltar, une roue en pierre en forme d’étoile, confluent de tous les chemins de quelques villages basques réunis pour se diriger en un seul vers Saint-Jean-Pied-de-Port. Au sommet suivant, c’est une minuscule chapelle flanquée d’un préau, entourée de bancs, d’une fontaine, d’une statue de la vierge à l’enfant, d’arbres amoureusement enlacés et d’une table d’orientation. C’est le royaume du silence assourdissant. Il est toujours difficile de s’extraire d’un tel endroit, il le fallut pourtant.
La descente fut muette, paisible, empreinte de sérénité. J’ai laissé, « bienheureux » une partie de mon âme.
Au terme de notre demi-étape nous avons rallié notre taxi retenu la veille pour rejoindre, enfin, Saint-Jean-Pied-de-Port, après 68 jours de marche et plus de 1500 km.
La pluie est venue, brève et intense comme un chagrin d’enfant. Le tonnerre l’a bousculé sans ménagement. C’est de concert qu’ils ont décidé de nous libérer de la canicule.
Demain sera un autre jour. Celui d’un repos bien mérité.
