86ème jour : de Carrión de los Contes à Terradillos de los Templarios.

Depuis ce matin, je suis le pèlerin que tous les espagnols affectionnent, chérissent, consolent, recherchent. Merci à Didier et sa bande d’avoir perdu contre l’Espagne.

C’est par une ligne droite de 17 kilomètres, à peine sommes-nous sorti de Carrión de Los Contes, que débute l’étape du jour. Pas de villages, du blé et des tournesols mal élevés nous tournant le dos, beaucoup de terres défoliées. J’affectionne cette partie de la Meseta propre au recueillement, même si elle longe partiellement une départementale par bonheur peu circulante ce jour.

Toutefois, sur cette longue distance le silence me pèse. Tout doucement j’ai le sentiment de ne plus être libre de ma pensée, de perdre le contrôle de mon esprit. Comme si un autre moi grimaçant tapi dans les tréfonds de mon âme voulait me révéler des images, des situations profondément enfouies dans mon subconscient. Je ne dois mon salut qu’à la musique baroque, celle dite sacrée, ou encore les chants grégoriens en harmonie avec mes pas. Ainsi je réprime mes larmes, je m’apaise. C’est un autre monde qui me visite.

Le camino est un labyrinthe, un dédale dont on ne sort pas…..indemne!

Demain sera un autre jour.

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