126ème jours : De Minde à Pernes, j’ai pleuré pour la seconde fois.

Pas à pas, je n’abandonne pas !

Mes calculs : 126 km – Outdooractive : 113 km et 3 jours avant d’atteindre Lisbonne.

J’avais pressenti que cette journée me laisserait un goût amer.

La pluie, la vraie, celle qui mouille jusqu’aux os devait cesser en milieu de matinée. Il n’en sera rien.

Une bonne lecture de mon étape révélait un dénivelé important. Une montée exigeante, une descente très abrupte.

La montée par un chemin de muletier fut très exceptionnellement âpre même si j’ai un cœur paresseux qui m’en facilite toujours la tâche.

Au sommet mon navigateur n’annonce : «  continuez sur ce chemin pendant un kilomètre « 

Peu m’importe que vous pensiez que je fabule.

Je suis impressionné par cet abîme qui se dessine à mes yeux.

J’ai peur, je suis tétanisé, terrorisé à l’idée que ma vie pourrait basculer d’un instant à l’autre, en raison d’une mauvaise glissade!

Ce ne sont que pierres glissantes ou roulantes, une terre argileuse tout aussi glissante, une végétation qui se plait à retenir les bâtons. J’ai pris la précaution de retirer les embouts plastiques de ces derniers. Je n’ai plus de crampons à mes chaussures acquises à Limoges.

Chaque pas posé sans embûche est une victoire.

Je ne cède aucunement à la panique, pas plus à l’assurance.

« Continuez pendant 800 mètres me serine mon navigateur « !

Près d’une heure, concentré sur mes pas, pour couvrir ce « foutu « kilomètre. Je n’ai eu de vision du monde que le bout de mes chaussures.

Arrivé à l’intersection avec la route, mon mental cède, je me répands en pleurs.

Le reste de l’étape, alternant entre pluie et pluie est devenu bien insipide.

Demain sera un autre jour.

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