83ème jour : De Hornillos del Camino à Castrojeriz.

C’est motorisé que nous avons quitté notre camp de base – Isar – hors Camino, puisque notre hôtelier nous a proposé de nous ramener sur le chemin.

La Meseta nous attendait, sans impatience, tant de pèlerins l’ont foulée.

Elle dévoile son caractère. Les lacets s’amenuisent pour laisser place à de belles lignes rectilignes, abandonnant progressivement les champs de blé au profit d’herbes folles sans délaisser toutefois la culture du tournesols mais en quantité « maigrichonne «.

Cette Meseta est un chemin de silence. C’est un cloître ouvert où déambulent des pèlerins psalmodiant des psaumes issus de leur imagination. On invoque toujours le ciel dans ses misères.

Pour prolonger notre méditation, elle fait surgir les ruines du couvent de San Anton sur un pan desquelles est « accroché «  un Christ en fer, rouillé, mais tenace, taillé à la « serpe » au visage émacié, au corps noueux comme un pied de vigne. Fascination, envoûtement….je n’ai plu les mots.

Jusqu’au terme de la Meseta il est vraisemblable que je serai redondant, me répétant moult fois, vous lassant parfois.

Mais un amoureux n’était-il pas loquace quand il parle de son amoureuse….

L’est-elle en retour?

Demain sera un autre jour.

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